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360 milliards
pour les banques… du pipeau pour les salariés ! La crise financière s’est transformée en crise économique et la
récession est en train de progressivement toucher tous les pays. La France n’y
fait pas exception : le nombre de chômeurs a connu au mois d’août sa plus forte
augmentation mensuelle depuis 1993 (41 300), le taux de chômage s’établissant selon
Eurostat à 8 % de la population active, et les plans de suppressions d’emplois
(PSA, Renault, La Redoute, Adecco, Nexity, Sanofi-Aventis, Caisses d’Epargne,
SFR-Cegetel, Kronenbourg, Camif…) se multiplient dans nombre de secteurs. Dans cette situation, les annonces du président de la République s’apparentent
à un cautère sur une jambe de bois. La relance des emplois aidés risque, dans
bien des cas, d’être tilisée comme un effet d’aubaine par les entreprises sans
que l’emploi s’en trouve au final réellement amélioré. Le contrat de transition
professionnelle, reste une mesure d’accompagnement qui, s’il permet pendant un
temps une meilleure indemnisation du salarié au chômage, est loin de constituer
une sécurité pour les salariés. De plus, il n’est pas généralisé et est
simplement étendu aux bassins d’emploi les plus touchés. Pire, l’extension du travail du dimanche va aggraver les conditions de vie des
salariés et l’assouplissement des conditions d’utilisation des CDD, alors même
que les deux tiers des recrutements se font déjà en CDD, va accroître encore la
précarité du travail pour le plus grand bénéfice des employeurs. Ces mesures passent à côté de l’essentiel car la crise actuelle ne
vient pas simplement du comportement peu scrupuleux de traders ou de banquiers
dont il faudrait moraliser le comportement, ni même d’une finance de marché
dont il faut assurément casser la logique. Elle tient fondamentalement à une baisse
continue de la part de la richesse produite revenant aux salariés. Une récente
étude indique que la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises a
baissé en moyenne d’environ dix points depuis 1976 dans les quinze pays de l’OCDE. Ces
profits n’ont pas été utilisés par les
entreprises pour
investir car elles ont anticipé que leurs
débouchés n’augmenteraient pas du
fait que le pouvoir d’achat stagnait, voire reculait. Ils ont
été, pour une partie
gardés, par les entreprises qui les ont réinvestis sur
les marchés financiers
déréglementés, et pour l’autre,
versés sous forme de dividendes aux
actionnaires qui ont fait de même. En France, par exemple, les
dividendes
versés aux actionnaires en 2007 représentaient 12,4 % de
la masse salariale contre
4,4 % en 1982. La hausse, vertigineuse dans certains pays, de
l’endettement des
ménages n’a été que le substitut à la
perte de revenus due à l’austérité
salariale. De moins en moins de salaire et de plus en plus de dettes,
tel a été
le credo du capitalisme néolibéral. S’attaquer à la racine de la crise suppose donc de rompre
radicalement avec cette logique et promouvoir un mode de développement tourné
vers la satisfaction des besoins sociaux et respectueux des impératifs
écologiques. Force est de constater, au-delà des effets d’annonce, que telle n’est
pas l’orientation mise en oeuvre par le président de la République. Le plan de
sauvetage des banques se fait sans contreparties réelles, l’Etat n’étant même
pas présent dans leur Conseil d’administration pour exercer un minimum de
contrôle sur l’emploi de l’argent public. La Société de refinancement des
Banques est confiée aux banquiers privés c’est-à-dire à ceux qui sont
responsables de la situation actuelle et aucune mesure n’est prise pour
permettre une distribution plus équitable de la richesse produite. Pour l’Union syndicale Solidaires, il faut rompre avec un système
bâti sur l’appropriation toujours plus grande de la richesse produite par une
petite minorité. Il importe d’imposer des mesures visant à casser les reins à
la domination de la finance sur tous les aspects de la vie et des mesures d’urgence
sociale visant à protéger nos concitoyens des effets de la crise. Il s’agit de
mettre en oeuvre une autre logique économique basée sur la satisfaction des
besoins sociaux et une nouvelle répartition de la richesse produite. Pour l’imposer,
plus que jamais, la mobilisation des salariés est à l’ordre du jour. Le 28 octobre 2008
Les anciens communiqués sont disponibles en PDF juste en dessous Communiqué déclaration des élus SUD lors du CE du 10.10.08 : cliquer ici pour ouvrir le PDF |